Gestion du stress par l'approche somatique: 3 étapes simples

Gestion du stress par l'approche somatique : Un tuto simple pour retrouver le calme
Vous est-il déjà arrivé de sentir que votre tête a compris qu'il fallait se calmer, mais que votre cœur continue de battre la chamade ?
C'est une situation que je rencontre très souvent à mon cabinet de la Maison Forêt à Vertou. Nous avons tendance à penser que le stress est une affaire purement mentale, une liste de tâches trop longue ou une pression psychologique.
Pourtant, la réalité biologique est tout autre. Le stress est avant tout une réaction physiologique, une alarme qui résonne dans nos tissus, nos muscles et notre système nerveux autonome.
C'est ici que la gestion du stress par l'approche somatique change complètement la donne.
Plutôt que d'essayer de raisonner une anxiété ou de forcer le calme par la pensée, ce qui s'avère souvent contre-productif, nous allons passer par la porte d'entrée principale : le corps.
L'approche somatique ne demande pas d'analyser le "pourquoi" de votre stress, mais de ressentir le "comment" il se manifeste physiquement pour mieux le réguler.
C'est une voie directe vers l'apaisement qui contourne les boucles mentales incessantes.
Dans ma pratique d'ostéopathe et de thérapeute somato-émotionnel, je vois quotidiennement des patients épuisés par des années de lutte contre leurs propres sensations. Qu'il s'agisse de sportifs cherchant à optimiser leur récupération, de jeunes mamans en post-partum naviguant dans un océan de fatigue, ou de personnes portant les traces de traumatismes anciens, le corps raconte toujours une histoire que l'esprit tente parfois d'ignorer. Ce tutoriel a été conçu pour vous donner des clés concrètes, utilisables immédiatement, pour renouer ce dialogue intérieur.
Nous allons explorer ensemble comment la gestion du stress par l'approche somatique peut devenir votre outil le plus précieux au quotidien. Ce n'est pas de la magie, c'est de la physiologie appliquée.
En apprenant à écouter les signaux subtils de votre corps et en utilisant des techniques simples de régulation, vous pouvez transformer votre réponse au stress. Ce guide est accessible à tous, que vous soyez en pleine forme ou en période de convalescence.
Comprendre l'approche somatique en quelques minutes
Pour bien pratiquer, il est utile de comprendre ce qui se joue sous la surface. Le stress, voyez-vous, n'est pas l'ennemi à abattre. C'est en fait une réponse tout à fait naturelle de notre système nerveux, un mécanisme de survie hérité de nos lointains ancêtres.
Le vrai problème, c'est quand cette alarme reste coincée en position « ON », même lorsque le danger a disparu depuis longtemps. C’est ce que l’on nomme une dysrégulation du système nerveux autonome.
La gestion du stress par l'approche somatique s'appuie justement sur une vérité toute simple : le corps et l'esprit ne font qu'un. Ils forment une boucle de rétroaction continue.
Quand vous êtes stressé, votre corps se tend (épaules hautes, mâchoires serrées, respiration courte). Mais l'inverse est aussi vrai. Si vous agissez consciemment sur ces tensions physiques, vous envoyez un signal de sécurité puissants à votre cerveau.
C'est ce qu'on appelle une régulation "bottom-up" (du corps vers le cerveau), par opposition aux approches "top-down" (du cerveau vers le corps) comme la thérapie verbale classique.
Les thérapies somatiques, dont fait partie la Somatic Experiencing® que je pratique à Vertou, s'intéressent particulièrement à l'axe sympathique (accélérateur, action, fuite) et parasympathique (frein, digestion, repos). L'objectif n'est pas d'éliminer le stress, mais de fluidifier le passage d'un état à l'autre.
Une bonne santé, c'est la flexibilité. Comme le soulignent des experts en éducation somatique, cette méthode permet de développer une conscience fine de soi, indissociable de l’environnement.
(source).
Les bénéfices observés cliniquement et dans la littérature sont nombreux :
- Une diminution tangible des tensions musculaires chroniques.
- Une amélioration de la capacité respiratoire et de la digestion.
- Un meilleur sommeil et un ré-endormissement plus facile.
- Une réduction de l'anxiété généralisée.
- Un sentiment d'ancrage et de solidité intérieure.
Comment préparer votre séance de gestion du stress
Avant de plonger dans les exercices, le cadre est important. Vous n'avez pas besoin d'une salle de yoga parfaite ni de bougies parfumées, bien que cela puisse aider.
Ce dont vous avez besoin, c'est d'une intention. L'intention de vous accorder dix à quinze minutes sans obligation de résultat. C'est souvent là que le bât blesse : nous voulons nous détendre "vite et bien".
Or, le système nerveux ne se régule pas sous la contrainte. Il a besoin de temps et de douceur.
Choisissez un endroit où vous ne serez pas dérangé. Pour mes patients qui viennent à la Maison Forêt, l'environnement calme de Vertou aide déjà à cette mise en condition, mais vous pouvez créer votre propre bulle chez vous. La position est libre.
Je recommande souvent de commencer assis sur une chaise, les pieds bien à plat pour sentir le sol, ou allongé sur le dos si la fatigue est trop présente. Pour les femmes enceintes ou en post-partum, n'hésitez pas à vous mettre sur le côté avec un coussin entre les genoux pour un confort optimal.
L'état d'esprit clé ici est la curiosité bienveillante. Dites-vous : "Je vais observer ce qui est là, sans juger". Si vous sentez de la douleur ou une émotion forte, rappelez-vous que vous avez le contrôle.
Vous pouvez arrêter, ouvrir les yeux ou bouger à tout moment. La gestion du stress par l'approche somatique doit toujours se faire dans une zone de confort relative, jamais dans la douleur ou la peur.
Étape 1 : Le Balayage Corporel Somatique et sensoriel
Nous allons commencer par habiter votre corps.
Souvent, nous vivons un peu "au-dessus" de nous-mêmes, déconnectés de nos sensations physiques jusqu'à ce que la douleur crie trop fort. Le balayage corporel est la base de la Somatic Experiencing et de l'ostéopathie intégrative.
L'ancrage initial
Prenez une minute pour simplement sentir que vous êtes soutenu. Sentez la chaise sous vos fesses, le sol sous vos pieds. La gravité est une constante rassurante.
Notez les points de contact. Sont-ils durs ?
Mous ?
Chauds ?
Il ne s'agit pas de penser à vos pieds, mais de sentir vos pieds depuis l'intérieur.
Exploration progressive
Commencez par remonter doucement.
Les chevilles, les mollets, les genoux. Scannez vos cuisses et votre bassin. À chaque zone, posez-vous cette question simple : "Quelle est la sensation ici ?".
Est-ce que ça pétille ?
Est-ce que c'est lourd ?
Est-ce que c'est neutre ?
Il est tout à fait normal de ne rien sentir dans certaines zones, c'est aussi une information. Continuez vers le ventre (siège fréquent des émotions), le thorax, les épaules, les bras, jusqu'au sommet du crâne.
La rencontre avec la tension
Si vous croisez une zone tendue, ne cherchez pas à la "casser" ou à la forcer à se détendre.
C'est contre-intuitif, mais essayez plutôt de lui dire bonjour.
Reconnaissez qu'elle est là. Comme le suggèrent certaines approches naturopathiques, imaginer que le souffle vient caresser cette zone peut suffire à amorcer un relâchement.
(source). La simple conscience modifie la tension.
Étape 2 : La respiration comme télécommande du système nerveux
La respiration est le seul système physiologique qui soit à la fois automatique et volontaire.
C'est votre levier le plus puissant pour la gestion du stress par l'approche somatique.
Lorsque nous sommes stressés, nous respirons haut, vite et souvent par la bouche.
Pour activer le frein parasympathique, nous devons ralentir et descendre le souffle.
Je vous propose un rythme respiratoire à la fois très simple et puissant, facile à retenir :
- Inspirez doucement par le nez sur 4 temps. Pas besoin de remplir vos poumons au maximum, l'important est de rester confortable.
- Ensuite, expirez par la bouche (imaginez souffler doucement dans une paille) ou par le nez, mais sur 6 temps. Le point clé, c'est que l'expiration soit plus longue que l'inspiration.
- Offrez-vous 3 à 5 minutes de cette pratique.
Pour que l'exercice devienne vraiment somatique, c'est-à-dire qu'il parle au corps, portez maintenant votre attention sur le mouvement physique lui-même. Sentez vos côtes basses s'écarter à l'inspiration comme les branchies d'un poisson. À l'expiration, imaginez que vous devenez plus lourd, comme un sac de sable qui se dépose un peu plus sur la chaise.
C'est particulièrement utile pour les personnes anxieuses qui ont l'impression de flotter ou d'être déconnectées.
Étape 3 : Libérer la charge par le mouvement
Les animaux ont une sagesse que nous avons oubliée. Après avoir échappé à un prédateur, une gazelle tremble vigoureusement pour décharger l'énergie mobilisée pour la fuite.
Nous, humains, avons tendance à figer cette énergie socialement ("ne tremble pas", "tiens-toi droit").
L'un des piliers de la thérapie somatique est de permettre à ces mouvements de se produire pour compléter le cycle du stress.
Le secouement (Shaking)
Mettez-vous debout si possible. Commencez par secouer vos mains, comme si vous aviez de l'eau sur le bout des doigts et que vous vouliez les sécher. Laissez ce mouvement remonter dans les poignets, les coudes, les épaules.
Faites de petits rebonds sur vos talons. Laissez vos mâchoires se décrocher, faites du bruit si cela vient (un soupir sonore est excellent).
Ce "shaking" permet de réinitialiser le système nerveux accumulant trop de charge statique. Des exercices spécifiques de ce type sont d'ailleurs recommandés pour réduire le cortisol.
(source).
L'auto-contenance
Si le secouement est trop intense ou que vous avez besoin de calme, essayez l'auto-étreinte.
Croisez les bras et posez une main sous l'aisselle opposée et l'autre sur l'épaule opposée. Exercez une pression ferme mais douce. C'est une manière bio-mécanique de dire à votre corps "je te tiens, tu es en sécurité".
C'est un outil formidable pour les hypersensibles ou lors de moments de grande vulnérabilité émotionnelle, car il redéfinit les frontières physiques de votre corps.
Étape 4 : L'orientation pour revenir ici et maintenant
C'est l'étape que l'on oublie le plus souvent, pourtant elle est cruciale pour clore la séance.
Une fois que vous avez plongé à l'intérieur, il faut revenir en contact avec le monde extérieur de manière sécurisante. C'est cela, l'orientation.
Ouvrez doucement les yeux. Ne fixez rien en particulier, laissez votre regard se promener dans la pièce comme le faisceau d'un phare. Tournez la tête et le cou (cela stimule le nerf vague ventral).
Repérez trois objets bleus, deux textures en bois, ou notez la lumière qui entre par la fenêtre.
En connectant vos sens à l'environnement immédiat, vous signalez à votre cerveau reptilien que l'environnement actuel est sûr, qu'il n'y a pas de tigre dans la pièce.
C'est très efficace contre les ruminations mentales.
Adaptations pour tous les profils
L'avantage de la gestion du stress par l'approche somatique, c'est sa flexibilité. Voici comment adapter ce tuto selon votre situation :
Grossesse et Post-partum
Le corps change tellement vite durant cette période que le balayage corporel peut parfois être surprenant. Allez-y avec une infinie douceur.
Surtout, ne bloquez jamais votre souffle. L'auto-contenance sera votre meilleure alliée, ainsi que les mouvements lents du bassin sur un ballon de gym, si vous en possédez un. C'est d'ailleurs une magnifique façon de vous connecter à votre bébé tout en prenant soin de vous.
Sportifs et Rééducation
Si vous êtes en phase de convalescence ou en pleine préparation pour une compétition, voyez ces outils comme de véritables atouts pour votre récupération. Le « shaking » doux après un entraînement intense est incroyable pour aider à évacuer les dernières tensions musculaires et favoriser un sommeil profond, qui est bien sûr la clé pour que vos tissus se réparent.
Traumatismes et Anxiété sévère
Si vous avez vécu des événements traumatiques, la connexion au corps peut parfois être effrayante. C'est normal.
Commencez très petit : 30 secondes d'orientation visuelle, ou juste sentir ses pieds. Ne forcez jamais une plongée intérieure si vous ne vous sentez pas prêt.
L'accompagnement par un professionnel est souvent recommandé pour naviguer ces eaux-là.
Intégrer la pratique au quotidien
La clé n'est pas l'intensité, mais la régularité. Mieux vaut 3 minutes de gestion du stress par l'approche somatique tous les jours que 20 minutes une fois par mois.
Vous pouvez faire l'orientation en attendant le bus (ligne 28 si vous venez au cabinet !), faire quelques respirations conscientes avant une réunion, ou vous secouer un peu après une discussion tendue.
Voyez cela comme une hygiène du système nerveux, au même titre que se brosser les dents.
Les patients que j'accompagne en fasciathérapie ou en fascia-bioénergie rapportent souvent que ces "micro-pauses" changent la couleur de leur journée. Ils passent moins de temps en mode survie et plus de temps en mode vie.
Quand consulter un ostéopathe ou thérapeute ?
Ces exercices vous donnent une formidable autonomie au quotidien.
Mais soyons honnêtes, il y a des moments où le corps a besoin d'un coup de main extérieur pour se défaire de schémas vraiment anciens et tenaces. Concrètement, si vous avez des douleurs chroniques qui ne lâchent rien, un stress qui sabote vos nuits, ou si le simple fait d'écouter votre corps réveille des émotions trop fortes, c'est sans doute le bon moment pour consulter.
C'est là que j'interviens. En tant qu'ostéopathe et praticien Somatic Experiencing®, mon rôle est de construire avec vous une bulle de sécurité, un cadre bienveillant où votre système nerveux peut enfin s'autoriser à relâcher la pression et à se rééquilibrer en profondeur. Le travail manuel en ostéopathie peut lever les blocages mécaniques (diaphragme serré, tensions crâniennes) qui entretiennent la boucle du stress, tandis que l'approche somato-émotionnelle aide à digérer les charges plus anciennes.
Si vous habitez Nantes, Vertou ou les environs, n'hésitez pas à me contacter pour évaluer ensemble comment nous pouvons vous aider à retrouver votre équilibre.
Conclusion
La gestion du stress par l'approche somatique est une invitation à redevenir ami avec son propre corps.
C'est quitter la dictature de la tête pour retrouver la sagesse du vivant en nous. En pratiquant ces étapes simples – sentir, respirer, bouger, s'orienter – vous construisez jour après jour une résilience nouvelle. Vous ne supprimez pas le stress de votre vie, mais vous apprenez à surfer sur la vague plutôt que de vous faire rouler par elle.
Prenez soin de vous, un souffle à la fois.
Foire aux questions (FAQ)
En quoi la gestion du stress par l'approche somatique est-elle différente de la relaxation classique ?
La relaxation vise souvent la détente musculaire immédiate.
L'approche somatique vise la régulation du système nerveux. Elle ne cherche pas forcément le calme plat, mais la capacité à traverser les états d'activation et de désactivation avec fluidité. C'est plus durable et plus profond.
Combien de fois par jour dois-je pratiquer ces exercices somatiques ?
L'idéal est de pratiquer de petites touches régulières.
Essayez de faire 2 à 3 minutes le matin au réveil et le soir au coucher.
Si vous sentez une montée de stress dans la journée, utilisez l'outil de la respiration ou de l'orientation immédiatement.
Est-ce que l'ostéopathie peut m'aider si je suis très stressé ?
Absolument. Le stress chronique crée des tensions tissulaires (viscères, diaphragme, cervicales) qui renvoient au cerveau le message "on est en danger".
En libérant ces tensions mécaniques, l'ostéopathie coupe ce cercle vicieux et aide le corps à revenir au calme.
Je ressens des émotions fortes quand je fais le balayage corporel, est-ce normal ?
Oui, c'est très courant.
Nos tissus gardent en mémoire nos histoires émotionnelles. Si cela devient trop intense, ouvrez les yeux, regardez autour de vous et revenez à une sensation neutre (comme vos mains ou vos pieds). Surtout, ne forcez jamais rien.
Où se trouve votre cabinet pour un accompagnement en personne ?
Je vous accueille à la Maison Forêt, au 17 allée Mahé de la Bourdonnais à Vertou (44120), juste à côté de Nantes. C'est un écrin de calme et de nature, un cadre que je trouve parfait pour ce travail en profondeur.
Julien Delhumeau
Ostéopathe D.O.
Approche somato-émotionnelle
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